20161214

Le deux n'est plus qu'un



Une nouvelle fois j’arrache une plume de mon dos,
Mes ailes souillées se fendent d’un soubresaut.
Je prends comme encre le sang de mon incompréhension
Et je pose sur la Toile ma modeste vision.

Je les vois attablés, seuls l’un comme l’autre,
Cherchant pour rebondir l’aval de leurs apôtres.
Mais nul ne peut expliquer, ni être de bon conseil,
Quand les amants ont mis le sens du deux au sommeil.

Erodé fut leur amour par le temps ennemi,
Leur vie gâchée par les doutes, ces enfants maudits.
Triste conclusion vers l’envolée finale,
Une belle histoire enfouie sous une pierre tombale.

L’un pleure l’implication et l’engagement,
L’autre meurt de l’hypocrisie et des non-sentiments.
Ils veulent communication mais ne se livrent pas,
Prennent l’oreille étrangère et crient ce qu’il ne faut pas.

Adieu symbiose quand jamais ne vibrent au même moment,
Quand l’un est prêt à bâtir, l’autre perd sentiment…

C’est ainsi que dans cet émouvant théâtre
Ils perdent petit à petit le courage de se battre.
Déconstruire semble être un pas si mauvais choix
Auquel seul le temps pourra vraiment donner foi.

Viennent les mots, les moments dérangeants,
Les adieux, les partages et enfin l’éloignement.
Les regrets viennent nourrir la mélancolie,
Echec et culpabilité sont leurs nouveaux amis.

Quand à moi, j’entends que m’appelle Elysion
Et je les laisse rebâtir sur ce limon.
Je pose mon regard sur une autre histoire
Et les laisse écrire leurs nouveaux espoirs.

A eux partout, qui s’aiment et se lâchent,
Ange, il n’y a que cette vérité que je sache :
C’est que les odes les plus belles ont une fin,
Et que sans haine, il y a toujours des lendemains.





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