
Alors que j’étais là, attendant, le regard dans le vide, une jeune femme est arrivée.
Simple qu’elle fut, et d’autant plus belle dans sa robe noir, j’eus cru que ce fut un ange…
Mais non, une simple mortelle, les yeux pleins de tristesse et de désespoir…et de larmes aussi…
Elle avança vers moi, escalada le grillage qui nous séparait, et se retrouva à mon côté au bord du pont surplombant l’une de ces voies sans vie dont l’unique but est de vous rapprocher de la fin le plus vite possible…
Elle s’est assise contemplant la route en contrebas, laissant se balancer ses pieds nus comme l’aurai fait un enfant.
Puis elle laissa tomber sans aucune réaction, un anneau…
Ce symbole tomba puis resta figé au sol, comme si il l’appelait à le rejoindre en bas…
Elle regarda vers moi, et en l’espace d’un instant je crus qu’elle me savait à ses côtés, elle se redressa…
Puis fit l’acte le plus triste que je pus voir de mes propres yeux….
Pour sûr que ce fut un ange, mais un ange mortel et un ange triste par dessus tout…
Qu’est ce qui avait bien put la pousser à abandonner ce combat qu’est la vie ? A y réfléchir, je me dis que nous les anges ne sommes pas vivants…nous ne connaissons pas les luttes de la vie, nous ne sommes que de pâles copies de ce que le Matriciel a fait de plus beau en ce monde, mais que dans sa grande stupidité il a rejeté loin de son eden...
Certains mortels rencontrent parfois des chemins trop rudes et trop pentus pour eux, de ceux qu’ils ne peuvent affronter seuls…mais il est des fois où personne n’est là à leur côté pour les aider, ou juste les écouter…
Comme cette fille, nombreux sont les mortels qui décident d’abandonner la lutte…
Pourquoi nous anges ne connaissons nous pas cette douleur qui rend la vie aussi dure, mais à la fois si belle…
L’âme des mortels est grande, et capable de maintes choses, mais elle est la plus fragile des pièces de cristal que l’on puisse trouver.
Il est, je pense un équilibre que certains n’arrivent pas à trouver, sur leur piédestal, ils vacillent puis tombe et se perdent dans les affres du désespoir et de l’oubli, alors qu’une simple présence aurai suffit à les sauver…
Pris dans ma réflexion, je ne vis pas arriver sur moi, la jeune femme, elle se posa à mes côtés… Deux grandes ailes blanches la couvraient de leur douceur…
Elle me sourit, puis regarda son âme s’enfuir vers Ellysion…
Nous sommes restez là tout deux à contempler la foule qui s’activait en dessous sur ce qui fut son corps…
